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Étude The LAG : quelle est la place de la femme au sein du esport ?

Il y a quelques mois, The LAG lançait une vaste consultation dans la communauté esportives afin de mieux déterminer quelle place occupe le public féminin sur la scène du jeu vidéo compétitif. Nous avons compilé une centaine de réponses et avons choisi de vous faire un récapitulatif des grandes tendances qui se sont dégagées.

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Public interrogé :

Nous avons recueilli une centaine de témoignages issus des publics féminins et masculins dans des proportions assez proches.

  • 53.3% de nos sondés sont des femmes.
  • 46.7% de nos sondés sont des hommes.

Cette quasi-homogénéité est d’autant plus intéressantes que les résultats que nous allons vous communiquer dans la suite sont, de fait, un compilé des avis partagés à la fois par des hommes et des femmes ayant répondu anonymement à notre étude.

Quelle place pour la femme au sein du gaming ?

Avant de nous intéresser spécifiquement au cas du public féminin à travers l’esport, nous avons choisi d’orienter le début de notre étude sur le ressenti réel qu’ont les gamers et gameuses au jour le jour.

En effet, de nombreuses études tendent à dire que les pratiquants de jeu vidéo sont désormais sur un ratio quasi-égal à 50-50 entre la proportion de joueurs et de joueuses.

Cette réalité est-elle, cependant, visible au jour le jour ? C’est ce que nous avons voulu savoir.

Nos sondés se sont montrés critiquent vis-à-vis de ces statistiques. Dans les faits, les résultats sur la présence effective du public féminin au sein du gaming sont mitigés :

  • 72 % des sondés affirment croiser des femmes “peu souvent” en jeu.
  • 17.3 % estiment croiser des femmes “assez souvent” en jeu.
  • 6.7 % disent ne “jamais” croiser de femmes en jeu.
  • 4 % témoignent croiser “très souvent” des femmes en jeu.

Cette quasi-absence féminine constatée trahit les chiffres officiellement annoncées.

Notre public étant majoritairement constitué de gamers à tendances esportives, nous nous sommes demandés si le type de jeu propre au esport ne briderait par l’intérêt du public féminin.

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La question de l’attirance du public féminin pour des jeux tournés esport a été posé et nos sondés se sont montrés catégoriques.

  • 85.3 % estiment que les femmes ont autant de chance d’être attiré par ce type de jeu qu’un homme.

En prenant en compte le caractère paritaire du public sondé, il apparaît qu’hommes et femmes sont aujourd’hui conscients que le jeu vidéo n’est pas réservé à un seul sexe.

Ceci étant dit, le manque de représentativité des femmes fait encore défaut au jour le jour au sein de la communauté gaming. Avant de nous attaquer aux causes de cette “absence”, nous avons souhaité nous recentrer sur la place des femmes au sein du esport.

Quelle place pour les gameuses dans l’esport ?

Si les sondages concernant le gaming sont très portés sur la démonstration d’une parité, ceux réalisés dans le milieu esportif tendent encore à dire que nous sommes dans un ratio de 80-20 (au mieux) en faveur des hommes. Pour autant, il n’est pas nécessaire d’être un garçon pour apprécier les jeux esportifs comme nos sondés l’ont démontré. Alors, où en est-on vraiment sur le terrain en 2019 ?

Vis-à-vis de la présence d’esportives dans le milieu du jeu vidéo compétitif, nos sondés et sondées donnent raison aux statistiques de façon écrasante.

  • 46.7 % pensent que les femmes sont “peu présentes” dans l’esport.
  • 45.3 % estiment qu’elles sont “très peu présentes”.
  • 8 % seulement estiment qu’elles sont “assez présentes”.

Si le public féminin semblent peu investi au sein de la sphère esportive, il convient à nouveau de noter qu’il existe une marge – parfois importante – entre l’impression ressenti et la réalité des chiffres comme l’a démontré un précédent graphique.

On peut estimer que les femmes sont peu présentes en esport alors qu’elles manquent simplement de visibilité. Nous nous sommes intéressés plus spécifiquement à leur rôle dans l’écosystème du jeu vidéo compétitif.

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A cette question, les avis sont très clairs chez nos sondés.

  • 85.3 % indiquent que les femmes exercent des activités annexes au jeu tel que le graphisme, le management, etc.
  • 9.3 % estiment qu’elles se chargent de fonction annexes non-définies au esport.
  • 5.3 % pensent qu’elles sont plutôt présentes en tant que joueuses pro.

 

Qu’il s’agisse de l’imaginaire collectif ou de la réalité, les esportives semblent pour l’heure tenues à l’écart de la scène compétitive du côté joueur. Leur absence sur ce théâtre – qui est le plus médiatisé de l’esport – peut expliquer pourquoi nos sondés ont cette sensation que les femmes sont absentes de l’univers du jeu vidéo compétitif.

Pourquoi le public féminin est-il si peu représentée au sein du esport ? Et pourquoi, jusque dans la sphère du gaming en général, ont-elles du mal à percer ?

Le public féminin : présent mais invisible, pourquoi ?

Soyons bien d’accord immédiatement, et nos sondés ont prouvé qu’ils partageaient cet avis, le problème n’est en un rien un soucis de compétences. Le jeu vidéo permet à n’importe qui pourvu d’un cerveau et de dix doigts d’évoluer pour créer une carrière amateur ou professionnelle. Malgré cette caractéristique qui devrait le rendre paritaire, le jeu vidéo et son aspect compétitif peinent à faire ressortir le public féminin.

Certains sous-entendent qu’un certain public masculin ferait pression pour empêcher l’ascension du public féminin. D’autres, de leur côté, estiment simplement que les femmes n’ont aujourd’hui pas la volonté de briller malgré leur attachement progressif au jeu vidéo.

Le problème est, de toute évidence, très complexe. Notre étude et nos sondés nous ont indiqué quelques axes de réflexions.

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Un élément de réponses, malheureux, nous est rapidement remonté. Celui-ci expliquerait, notamment, la faible visibilité des joueuses et des esportives sur la scène public.

  • 61.3 % de nos sondés affirment avoir déjà été victimes, ou avoir déjà été témoin, d’actes malveillants à l’encontre de femmes au sein du milieu esportif. Cette proportion se retrouve dans le gaming de façon générale.

Cette statistique, troublante au possible, est à relativiser mais offre une piste qui permettrait d’expliquer la quasi-inexistence du public féminin dans le jeu vidéo alors que, factuellement, les femmes indiquent elles-même être des joueuses.

Plus troublant et – peut-être – reflet tragique d’une certaine image issue d’autres milieux :

  • 77.3 % de nos sondés estiment qu’une femme esportive – ou pas – se mettant en avant sur un réseau tel que Twitch s’expose massivement à des provocations, du manque de respect et autres actes discriminatoires en raison de son sexe.

Il remonte de notre étude qu’une majorité des personnes interrogées relèvent avec dégoût cet état de fait : une femme gameuse qui s’expose est quasi-systématiquement victime d’attaques.

Le débat de fond autour de ce genre d’agression est très vaste et nous ne nous hasarderons pas à émettre des hypothèses. Cette statistique, elle, démontre cependant qu’un malaise existe et peu expliquer pourquoi le public féminin reste discret.

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Amélioration de la condition des esportives : quel regard porter ?

Conscient de ces problèmes de représentativités au sein du esport – car c’est bien de lui que nous allons parler – de nombreuses associations et entreprises se sont penchées sur le problème du esport “au féminin”. Les actions menées de part et d’autres de la scène sont, pourtant, critiquées par ceux auxquelles on les destine.

Nous avons demandé à nos sondés de nous donner un aperçu du regard qu’ils portent sur les différentes campagnes et actions menés en faveur du public féminin esportif.

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Dans un premier temps, nos sondés ont souhaité mettre en avant le fait qu’ils prenaient bien consciences que des actes étaient menés en faveur d’une meilleure représentativité des femmes esportives.

  • 90.7 % de nos sondés ont indiqué qu’il était important pour eux que les équipes esport et les associations prennent consciences de cette problématique.

Ignorer cette réalité semble difficile mais il apparaît que le public féminin comme masculin réclame une véritable compréhension de l’ensemble des acteurs esportifs.

Parmi les multiples mesures prises par certains éditeurs pour favoriser le développement du esport féminin se trouvent la création de ligue exclusivement féminine à l’instar de ce qui peut exister au sein du football par exemple. Cette initiative est vivement critiquée par nos sondés.

  • 97.3 % d’entre eux sont en faveur de ligues mixtes où hommes et femmes pourraient s’affronter librement.

Cette expression de leur part dénote un profond attachement au caractère égalitaire propre au jeu vidéo. Il est clair que la solution ne se trouvera pas dans l’exacerbation de la seule communauté féminine au sein de son propre écosystème.

Nos sondés attendent, pour leur part, qu’une vraie prise de conscience s’opère pour offrir la possibilité à des teams féminines de rivaliser avec des teams masculines. Encore mieux, ils souhaitent voir fleurir des teams mixtes sans aucune distinction ou discrimination.

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La défense et l’amélioration de la condition féminine dans l’esport est aujourd’hui un sujet majeur. Il le devient tant que sa prise en charge, ou non, par les structures esports a un impact sur leur popularité éventuelle.

  • 60 % de nos sondés ont tendance à suivre plus facilement une équipe esport – de tout niveau – si elle a effectué des actions en faveur de la mixité au sein de son staff ou au sein de ses lines-up.

Un engagement qui démontre, sans doute, l’attachement du public esportif et des esportifs eux-mêmes au combat pour la mixité dans leur discipline.

Bilan

Aujourd’hui, de multiples associations, équipes et acteurs divers du esport – et du gaming – œuvrent au quotidien pour promouvoir la mixité dans le milieu du jeu vidéo compétitif. The LAG a souhaité apporter sa pierre à l’édifice en réalisant ce sondage pour mieux cerner la réalité du terrain.

Nous devons être en mesure de favoriser l’apparition de nouveaux talents esportifs féminins et nous devons, demain, garantir à ces femmes d’être mises en avant sans avoir à subir de discriminations quelconques. Il s’agit d’une vision que nous assumons et que nous souhaitons voir se répandre.

Si ce combat peut paraître vertueux, nos sondés nous adressent tout de même un message.

  • 65.3 % de ces derniers craignent que la défense des esportives et des femmes dans l’esport ne deviennent un argument marketing dont certains se serviraient pour faire du business.

Nous souhaitons que ces craintes ne soient pas justifiées.

 

Le bilan de cette étude est maintenant terminé. Nous n’avons présenté ici qu’une partie des résultats afin de mieux retranscrire les motivations et avis généraux de nos sondés.

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Si vous souhaitez obtenir notre étude complète, n’hésitez pas à nous contacter pour que nous puissions échanger à ce sujet.

En vous remerciant pour votre lecture et votre intérêt pour notre étude.