Arrête un peu avec ton e-sport… une bande de geek qui martèlent un clavier et une souris c’est pas du sport ! Le football, ça, c’est un sport !
Si cette réflexion vous énerve autant que nous, alors cet article est fait pour vous. A l’heure où le marché du gaming et du e-sport n’ont se sont jamais aussi bien portés en France, certains voudraient encore faire croire que l’e-sport n’a pas sa place parmi les sports classiques. Au nom de quoi ? The LAG s’est intéressé pour vous aux principaux arguments des “anti e-sportifs”.

 

Argument n°1 : un sportif, ça suit un régime strict et ça a un calendrier d’entraînement.

Bien, commençons par le plus simple. Les e-sportifs seraient donc tous des geeks un peu attardés sans véritables plannings dont la journée se résumerait à manger des chips devant un écran. Peut-on sortir des clichés, je vous prie ?

Les joueurs professionnels sont des sportifs aguerris suivi par des kinésithérapeutes et autres spécialistes médicaux comme para-médicaux. Ils établissent, avec leurs chefs d’équipes et leurs coachs, des calendriers stricts mêlant entraînement, détente, sport traditionnel, etc. Leur régime alimente est certainement moins contrôlé que celui d’un joueur de foot mais nous sommes loin du paquet de chips toutes les deux heures.

Être e-sportif demande de maintenir une condition physique optimale, il faut tenir le rythme et pouvoir enchaîner les heures afin de perfectionner ses mouvements. Vous croyez qu’ils sont nés avec la technique du no-scope entre les doigts ? Non. Ils ont passé deux cent heures sur le même jeu à répéter le même mouvement afin d’être parfait dans son exécution. Bref, comme dans tout sport quoi.

Bonus : les e-sportifs sont reconnus en France comme athlète de haut niveau par la loi depuis 2016.

 

Argument n°2 : moi aussi, demain, je peux jouer 10 heures par jour et devenir un champion !

Parait-il que n’importe qui peut devenir champion en spammant les heures de jeu… vraiment ? Non ! Devenir un joueur professionnel n’est pas donné à tous. En dehors de la résistance mentale et de la force de volonté évoqué plus haut, les vrais champions sont des joueurs possédant un certain don pour un type de jeu bien précis. Nous avons tous un cerveau différent et chaque jeu vidéo utilise des facultés différentes au sein de notre cortex.

Chaque être humain étant unique, nous sommes forcément plus doué dans une tâche A que dans une tâche B. Tu peux try hard Starcraft 2 autant que tu le voudras, si tu es incapable de planifier une stratégie et de faire preuve d’analyse ainsi que de réactivité quasi-instantanée tu n’arriveras jamais à jouer un pauvre huitième de finale de WCS. C’est ainsi.

Les e-sportifs ne sont pas plus privilégiés que d’autres pour autant. Nous ne sommes pas tous doués de nos pieds et moi le premier. Impossible de devenir le futur Mbappé peu importe ce que je tenterai. Alors : non. Devenir e-sportif ça demande un peu plus que cliquer sur une souris et marteler un clavier. Il y a une véritable introspection à faire sur soi pour trouver là où on est le meilleur puis travailler des centaines d’heures.

 

Argument n°3 : de toute façon, l’e-sport, ce n’est pas éprouvant physiquement…

Arrivé ici, Jean-Critique commence à bégayer un peu donc on va continuer.

Premièrement, comment peut-on qualifier les joueurs d’échecs dans ce cas ? Ce sont des stars mondialement reconnus pour leurs capacités cérébrales hors du commun et pour leur esprit de stratège. Ils sont présents dans les plus grandes manifestations sportives et sont reconnus comme athlèltes à part entière… on ne me dira pas qu’ils font preuve d’une activité physique intense. Pourtant, ce sont de vrais sportifs.

Deuxièmement, l’e-sport n’est pas éprouvant physiquement ? Laissez-moi rire. La vitesse de jeu, la réactivité et la concentration des e-sportifs force le respect. Ils doivent tenir la longueur contre des joueurs d’un niveau tout aussi excellent qu’eux pendant plusieurs heures d’affilées. Ils enchaînent game sur game et se donnent à fond. Ils en sortent lessivés et migraineux. Certes, ils n’ont pas courbatures dans les jambes mais leur fatigue existe bel et bien. Cet argument n’est pas non plus recevable.

 

Argument n°4 : un jeu vidéo c’est figé, il n’y a aucune technique, c’est à celui qui utilise la stratégie la plus cheatée !

Il est temps d’achever cet article et de démonter un dernier argument.

Un jeu vidéo possède, effectivement, un socle figé représenté par ce que l’on appelle la “méta” … c’est à dire la manière commune de jouer et d’aborder le jeu d’une façon générale. Cette méta est souvent influencée par les mises à jours des éditeurs de jeu mais elle peut aussi l’être par des joueurs très ingénieux exploitant une nouvelle stratégie encore non découverte. Oui, il existe toujours des soucis d’équilibrages et à bas niveau, certaines techniques ou certains personnages apportent une victoire facile.

A haut-niveau, ce genre de petite astuce ne fonctionne plus. Vous vous retrouvez devant des gamers qui ont séché le jeu et qui savent parfaitement comment annuler le “bonus” supposé que vous auriez à employer une stratégie A ou B. C’est là que le génie du joueur et sa capacité à improviser sont importants. Il faut innover, surprendre, prendre la bonne décision.

Non, un jeu vidéo, ce n’est pas figé. Pas entièrement. En e-sport, il y a tout un pan du jeu qui est mouvant. Vous n’êtes jamais à l’abri de tomber, en compétition pro, sur un joueur totalement éclaté du brain qui expose une toute nouvelle stratégie en prenant de court l’ensemble de la méta en place. C’est déjà arrivée et ça arrivera encore. C’est ça qui est beau !

 

Argument n°5 : blblblbl… vous êtes tous des geeks no-life de merde…

Allo Houston, ici la Terre, je crois que Jean-Critique nous fait une PLS.

Pour terminer, soyons honnête entre gamers. L’e-sport est une réalité. Comme dans chaque sport, pour se hisser au plus rang, il faut faire preuve de talent, de courage et surtout d’une force de travail absolument colossal. Si nous nous sommes amusés à briser quelques arguments nous devons aussi faire relativiser les joueurs les plus idéalistes. Non, vous ne ferez pas fortune dans l’e-sport en jouant 4 heures par jour et non, tu n’es pas en passe de devenir pro quand tu passes diamant sur LoL.

L’e-sport, ça va plus loin et vouloir s’y investir est risqué. Il y a beaucoup d’appelés pour très très peu d’élus. C’est un milieu passionnant mais exigeant alors réfléchissez bien avant de vouloir en faire un projet de carrière.

 

Earlock

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